Quand j’étais petite, je ne savais pas ce que je voulais faire.

Quand j’ai été moins petite, toujours pas.

Grande lectrice, mais filière scientifique (on est élitiste ou on ne l’est pas !!)

Diplôme d’ingénieur puis école de gestion. J’ai adoré la gestion. Mais à l’époque j’étais à mon max du syndrome de la bonne cocotte, qui ne remet rien en cause et ne se demande surtout pas ce qui pourrait être bien pour elle.

Donc j’ai adoré la gestion, mais j’avais un diplôme d’ingénieur, donc boulot d’ingénieur. Voilà.

Donc boulot d’ingénieur, industrie, puis enfants, puis licenciement.

Ouf, première grande claque. Première remise en cause. Première brèche.

Ensuite, nouveau monde, nouvelle vie : l’administration. Pas fonctionnaire mais tout comme.

Un open space, puis un bureau toute seule.

Dans tous les cas : manager. Petit puis grande équipe puis moyenne.

Faut-il trouver sa voie professionnelle ?

Bref, 25 ans de vie pro, traversés comme ça, sans savoir ce que je voulais faire.

Quand je regarde ça c’est flippant finalement. Mais je suis sûre que je ne suis pas la seule.

Il y a encore 6 mois, tu m’aurais posé la question de ce que j’avais envie de faire là maintenant, le boulot de mes rêves….Bah j’aurai été bien embêtée. Oui vraiment. Embêtée pour faire une vraie réponse. On peut toujours dire qu’on rêve d’être astronaute, mais je suis un peu claustro.

Tu te dis qu’elle est frappée celle ci (oui j’aime parler de moi à la 3ème personne parfois). On ne travaille pas 25 ans sans savoir ce qu’on veut.

Et si !!! La preuve …

Je pense même qu’on peut travailler toute sa vie sans en rien savoir.

Le secret ? Ne pas se poser de questions, ne pas s’autoriser. Le truc imparable pour vivre heureux, sans plus, mais un peu.

  Attention, ne pas savoir ce qu’on veut ne veut pas dire ne pas s’intéresser, ne pas avoir d’envie.

Ne pas savoir ce qu’on veut faire ne veut pas dire qu’on n’éprouve pas un plaisir ou une fierté immense pour certaines réalisations.

Ça ne veut pas dire qu’on s’en fout. Loin de là.

Et si tu étais multipotentielle ?

C’est d’ailleurs bien là qu’est le problème.

Tout m’intéresse. Du schéma électrique de ma cuisine au dernier essai de Mona Chollet (je kiffe trop ce qu’elle écrit).

Aujourd’hui on appelle ça : multipotentielle ou slasheuse ou zèbre.  C’est joli non ?

Tu t’intéresses à tout, mais pas longtemps. une fois que tu as fais le tour, tu t’ennuies et tu zappes. Mais bon, multipotentiel c’est plus classe.

Le problème de cette multipotentialité, c’est que tu n’es pas animé par une flamme, seule et unique, qui te guide dans les ténèbres de l’orientation professionnelle (oui je sais, cette phrase est naze ! Mais j’ai encore regardé Game of Thrones! Ça déteint et je me laisse emporter).

Alors quand tu as été élévée bien comme il faut dans les années 80 et que ton syndrôme de la bonne cocotte fait bien son boulot, tu enterres ta multipotentialité et tu avances sans trop te poser de questions.

 

Aujourd’hui j’ai un boulot dont j’ai très largement fait 3 fois le tour (les tours sont là). Je m’ennuie avec agacement. Oui agacement, parce qu’il y aurait des belles choses à faire. De très belles choses avec du sens et des valeurs fortes, mais nous passons à côté. Nous prenons tous les projets en version small size. Il n’y a pas de cap, pas de souffle et pas d’écoute.

Mais il y a quelque chose de fabuleux dans mon boulot actuel : les gens. Aujourd’hui c’est ma seule motivation pour y aller le matin, c’est ça qui me nourrit chaque jour. Les échanges avec certain(e)s de mes collègues.

La période de flottement professionnel que je traverse en ce moment m’amène à une très grande disponibilité d’esprit. J’ai l’impression d’être en super éveil ! Mon cerveau et mon corps sont comme des éponges. (ok le mot est moche et un peu crado !) Ils sont à l’écoute et à l’affût de tout. Toutes les envies de la multipotentielle qui sommeille en moi se réveillent.

Et si je faisais un bilan de compétence ?

Quand j’étais petite je savais ce que je ne voulais pas faire : PROF !

Grands parents instituteurs, parents profs…une envie d’aller voir ailleurs, hors de ce monde là m’animait fortement. Découvrir la vraie vie, les vacances hors scolaires, le “PRIVÉ” comme ils disent.

Aujourd’hui je travaille dans une administration et là encore on me parle de quand j’étais dans le PRIVÉ. Comme si c’était une sorte de jungle hostile et mystérieuse, avec des prédateurs à l’affût un peu partout, mais aussi de merveilleuses oasis remplies de salaires mirobolants et d’avantages en nature gargantuesques. Pourtant il n’y a pas tant de différence que ça.

Tu peux être très heureux ou très malheureux dans les 2 mondes (privé ou public). Je dirais même que je n’ai jamais été aussi malheureuse, professionnellement parlant, que dans le public. On pourrait croire que l’absence de risque de licenciement et la sécurité laisseraient se développer une sorte de bienveillance. Mais non ! 

Enfin me voilà arrivée à 50 ans et je me demande toujours : qu’est ce que tu veux faire quand tu seras grande ?

Pendant ma période de chômage, j’ai fait un bilan de compétence. Je n’ai pas du tomber sur le bon cabinet !! A l’époque je sortais d’un poste de directeur industriel, très bien payé. Après m’avoir dit qu’elle avait rarement d’aussi bons résultats aux tests psycho-machins, la dame m’a annoncé froidement que j’étais inapte au management et que ce qui me correspondait le mieux était un poste d’aide soignante. J’ai un respect immense pour les aides soignantes mais bon…. Je ne sais pas ce que je veux faire, mais je sais que je ne veux pas être aide soignante.

 

Si j’écoutais mon intuition !

Donc je progresse, je peux déjà rayer 2 options sur la liste : prof et aide soignante.

OK il reste pas mal de lignes, mais j’avance !

Après 24 ans de salariat public ou privé, l’envie de rayer l’option salariat commence à bien me vriller le cerveau. Je sais que je suis lente. Mais entre deux combats contre le syndrome de la bonne cocotte et le syndrome de l’imposteur, je me dis que entrepreneuriat est peut être une nouvelle aventure à explorer. Allons traîner ma multipotentialité dans ce monde merveilleux, où des gens vivent dans des villas blanches avec piscine en travaillant 10 minutes par jour.

Plus sérieusement, je reprends ma liste et je raye donc salariat.

Depuis un peu, je travaille sur mon intuition (grâce à une sorcière). Et c’est incroyable tout ce qui peut te venir, si tu prends un peu la peine de le laisser sortir, de l’écouter ou d’y prêter attention. Tu te rends compte qu’il y a tout un faisceau de signes qui te conduisent là où tu dois aller. Je ne vais pas te détailler tout le chemin, même si je l’ai noté soigneusement pour le garder en tête et prendre plaisir à le reprendre. Mais la voie, que j’ai enfin pris la peine de suivre, m’emmène aujourd’hui vers un très joli projet.

Je le dis et je le partage pour qu’il existe dès maintenant, qu’il m’engage, qu’il m’entraine et qu’il me transporte.

Je veux faire du COACHING.

Hé, hé, je vois ton air incrédule : je sais bien que tout le monde s’improvise coach pour tout et n’importe quoi. Donc pourquoi pas moi ? Surtout que moi j’ai un vrai talent. Un ancien collègue (qui est aussi mon mari) m’appelle « Pause Café » en référence à une vieille série sur une assistante sociale.  OK, je suis d’accord, c’est super mince comme référence. 

Mais, j’ai une vraie envie. Je veux accompagner des femmes de 45/50 ans dans leur transformation (pro surtout) et faire la différence dans leur vie. Je veux aider celles qui refusent de rester immobiles en attendant la retraite, celles qui veulent retrouver du sens, celle qui ont envie.

Je vais me former (beaucoup), je vais travailler, je vais construire, je vais avancer.

Mais je plante ici la graine de mon projet.

Toutes les volontaires peuvent venir l’arroser ou la regarder germer et grandir. C’est excitant et pour la première fois, je ne doute pas. Un bon signe non ?

Je sais ce que je veux faire quand je serai grande !

 

 

 

Fran