Pourquoi je mange ?

Manger est un truc super naturel.

Nécessaire même…

Indispensable pour vivre.

Toutes les choses vivantes se nourrissent. Les plantes, les insectes, les animaux…

Pour la plupart, la quête de nourriture occupe la majeure partie de leur temps, avec la reproduction ! Ok, j’ai une vision un peu triviale du monde animal, mais manger, baiser reste la base non ?

Une vache va brouter toute la journée pour se nourrir correctement.

Le panda géant va s’enfiler des kilos de bambous.

La lionne va se taper une petite antilope à l’apéro. Mais bon, elle aura bien couru avant, donc elle aura mérité !

 

On mange pour que notre corps fonctionne correctement.

Je me relis et j’ai une petite pensée pour ma prof de prépa qui aurait hurlé devant l’utilisation de ce « pour » anthropomorphique, que j’aurai vite corrigé en « ce qui permet de ». Comme quoi il y a des gens qui te marque à vie. Je te laisse donner le sens que tu veux à « marque ». Hé hé !

Glucides, lipides, protéines, vitamines, toussa toussa. On nourrit son cerveau, ses muscles, on fabrique des cellules.

Comme tu le sais si tu me lis de temps en temps, la relation à la nourriture est une des histoires de ma vie. Pas la seule, mais quand même, une relation bien passionnelle avec des crises, des réconciliations, des hauts, des bas, des “demain j’arrête”, des “je t’aime moi non plus”…

Quand une relation te pourrit la vie et que tu en prends conscience, tu prends tes distances ou tu stoppes carrément. Sur le moment, c’est douloureux, puis tu fais ton deuil et tu construis de nouvelles relations.

Le souci avec la bouffe, c’est que tu ne peux pas dire : “C’est bon j’arrête. C’est trop toxique pour moi”. J’enlève l’option « alimentation » de mon corps. Je vais dans les paramètres et je décoche.

Ah ce serait tellement facile comme ça… mais ce serait tellement chiant aussi .

Bah non…vu que c’est juste nécessaire à ta survie . CQFD avec mon intro WWF.

Mais si tu ne peux pas arrêter de manger, tu peux bosser ta relation à la nourriture. La faire évoluer, en construire une nouvelle, sur des bases différentes.

Pour cela, j’ai décidé d’écrire une lettre à mon estomac. Histoire de clarifier notre cohabitation. 

 

 

 Mon cher estomac,

je prends enfin le temps de m’adresser à toi.

Enfin, oui…

Nous vivons ensemble depuis longtemps et je n’ai jamais pris la peine de te parler.

Pourtant tu es de bonne composition.

Tu supportes toutes mes humeurs.

Toutes mes  sautes d’humeur.

Sans rechigner

Tu absorbes tout, toujours.

C’est peut être de là que vient le problème.

Tu absorbes sans rien dire, rien manifester. Alors je t’oublie, je ne pense jamais à toi. C’est souvent comme ça dans la vie. Moins tu fais de bruit et moins tu attires l’attention. Parfois c’est bien confortable. Mais parfois on t’oublie un peu vite.

Aujourd’hui, cette lettre est pour toi. Uniquement pour toi.

 

 

Cher estomac donc…

Tu supportes les repas de famille

Tu sais ces moments où tu arrives tout noué, tellement je n’ai pas envie d’être là !

Enfin ça dépend un peu de la famille quand même. Laissons un léger doute planer. On ne sait jamais, si ma belle mère lit ce post, qu’elle ne croit pas que je m’adresse à elle. Ah bah non… ma belle mère ne sait pas envoyer de sms et n’a pas internet. C’est bon, on peut y aller !

Mais si ! Rappelle toi !

Tu es tout contracté et replié sur toi même.

Et ensuite, je t’envoie une grosse dose d’alcool et de choses apéritives en tout genre. A partir de là, tu te dénoues un peu. En général quand on passe à table, tu me signales que c’est ok. T’es full.

Mais je ne t’écoute pas. Comme tous les autres convives, je continue à te gaver avec ennui et application.

Pourquoi ?

Oui, je suis d’accord c’est complètement con.

Pourquoi alors ? Parce qu’on m’a élevé comme ça. J’ai beau lutter contre, limiter au maximum ce genre d’occasion, il y en a encore.

Parce que ce sont des moments tellement difficiles pour moi, que boire et manger aide à porter ce poids.

Bon promis, la prochaine fois je t’écouterai un peu plus. Le problème, c’est que si je ne mange pas , je vais m’ennuyer encore plus ou dire des choses qu’il ne faut pas.😮

 

 

 

Cher estomac …

Tu supportes tous mes régimes

 

Tu as remarqué, à chaque fois, on retrouve les mêmes 3 phases :

L’enthousiasme du début

En général, je viens de faire un chèque, alors j’y crois à fond.

Tu remarqueras aussi que c’est toujours un lundi. Car personne ne commence jamais un régime un mardi ou un dimanche. Non non, c’est le lundi. Ce n’est écrit nulle part, mais tout le monde fait comme ça.

Résultat en fin de journée de ce fameux lundi, tu protestes vigoureusement car le volume ingéré a brutalement et drastiquement chuté. D’autant plus que la veille, on s’est bien goinfré en prévision.

Mais tu finis par t’y habituer. Tu te resserres et tu t’adaptes.

Tu es formidable. Pas rancunier, rien.

 

Ensuite, nous abordons

La phase des petites entorses au régime

Allez… un carré de chocolat… dans la journée, c’est rien.

Je n’ai pas faim, tu ne réclames rien, toi mon estomac. Tu es raisonnable.

Mais mon cerveau, frustré depuis des semaines/ jours, devient très insistant. Alors, allons-y pour un carré. Du chocolat noir, 70% en plus, du Valhrona même. Rien de mal. Limite c’est  bon pour mon taux de magnésium. Car avec les régimes, faut faire gaffe aux carences! 😉 T’es pas d’accord ?

 

Et puis, nous finissons toujours, à plus ou moins long terme, par arriver à

La phase de gavage (#jefaismonfoiegrasmoimême)

La phase où tout mon corps se venge de ses privations.

Le cerveau disjoncte complètement et donne des consignes ahurissantes. Si, c’est bon le Nutella avec le Brie sur un pancake.

Avec ces arrivées massives de sucre, l’hypoglycémie se ramène à fond de train. Alors encore obligée de manger, sinon je vais me trouver mal.

ET toi, cher estomac, tu ne réclamais rien pourtant.

Tu t’y étais fait à ne rien manger. Tu ne gargouillait même plus.

Et voilà qu’on t’envoie la tablette de chocolat entière cette fois-ci.

Ouf… un peu lourd quand même.

Mais bon, tu gères.

Tu es vraiment très très compréhensif avec moi.

 

 

Cher estomac, comme tu a du t’en rendre compte depuis ces années,

Je mange mes émotions

 

Alors là, I’m the best. 💪💪

S’il y a un domaine où j’excelle, c’est là !

Je suis triste, je mange

Je suis stressée, je mange

Je suis heureuse, je mange (et je bois en plus ! ☺)

Je suis angoissée, je mange

Je m’ennuie, je mange…

La réponse à tous les sentiments est : “je mange”

Et comme des sentiments, j’en ai beaucoup ….. tu vois le résultat. 😵

J’ai des copines, qui, dès qu’elles ont un souci, ne peuvent plus rien avaler. Ventre noué, pas faim, pas envie. Un verre d’eau, un demi yaourt et elles sont gavées.

Je les envie presque !!

Pas d’être malheureuses ou d’avoir des soucis, mais d’avoir un corps et un cerveau qui réagissent de cette façon.

Mon corps, c’est tout le contraire.

Dès qu’il se passe quelque chose, il mange.

Je parle de lui à la 3ème personne parce que j’ai vraiment l’impression qu’il a sa vie propre dans ces cas là.

Ma raison analyse, ma raison sait que je n’ai pas besoin de manger, que je n’ai pas faim. Que c’est mal !!!!!

Mais mon corps s’en fout, n’écoute pas.

Lui il se remplit. Beaucoup, trop, bien au delà de toute notion de satiété.

Il ne s’écoute même pas lui même.

De kilos émotions on dit !

C’est déjà bien de les identifier.

 

Mon cher estomac

Je mange parce que je suis à table

L’éducation !

Tu viens à table !

Tu finis ton assiette !

Tu ne manges pas entre les repas !

Bref, des tas d’injonctions qui nous ont été assénées pendant des années.

Injonctions qui te disent qu’il faut manger 3 fois par jour, avec à la rigueur une collation pour le goûter.

Ton corps n’a peut être pas du tout besoin de ce rythme là !

Quand je regarde mon chat : il rentre 10 fois par jour pour manger 2 croquettes et demi. Ensuite il retourne  garder son territoire entre les pivoines et le saule. Il est loin d’être obèse mon Norbert !

Donc pourquoi, ne pas adopter le rythme qui nous convient ?

Si je crève la dalle à 17h, pourquoi attendre 20h pour dîner ?

Objectivement : aucune raison, sauf  mon éducation et mes croyances.

 

Cher estomac,

un jour plus difficile qu’un autre, tu t’es retrouvé avec tout un mélange vraiment pas sympa à ingurgiter. Moi je m’en rappellerai toute ma vie.

Tu as tenu le choc. Une fois encore.

 

Alors cher estomac,

merci d’être là, fidèle au poste quoiqu’il arrive,

de ne pas juger,

de faire de ton mieux.

Je vais penser un peu plus à toi.

Je vais prendre soin de toi … et de moi.

Notre aventure alimentaire va continuer. Et je ne te promets rien sur de nouvelles dérives ou de nouveaux excès. Mais je vais faire de mon mieux !